Portraits d'adhérents

« La première chose, ce sont les rencontres », dit Erwan Harroch, deux fois père de famille et un peu plus de 40 ans, pour qualifier ce qui lui plait dans son métier. Ce métier, c’est celui de consultant en stratégie, en conseil aux directions générales, ainsi qu’en gestion de grands projets. Il a acquis son expérience, bien sûr dans sa formation et son début de carrière d’ingénieur R&D, mais aussi dans des grandes entreprises de consulting anglo-saxonnes avant de se lancer en libéral en 2010. Erwan, c’est à la fois de l’engagement – comme dans les sports qu’il pratique assidument – et une certaine pudeur à se dire. Un homme secret qui aime à se mettre au service des autres et à tisser des liens de connivence avec ses interlocuteurs chez le client et avec ses partenaires dans les missions d’équipe. Cet amateur de cinéma d’auteur cite d’ailleurs le film « Bancs publics (Versailles rive droite) » de Podalydès pour la connivence dans le jeu d’acteurs, notamment entre les deux frères. Alors, forcément, quand Erwan dit qu’il sait écouter, reformuler et comprendre, on a presque envie de lui répondre qu’on le savait déjà.… 

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De l’ouverture et de l’échange, voilà ce qu’Antoine est venu chercher au sein de l’association. Il y a trouvé, dit-il, de l’assise dans sa posture, gagnée notamment dans les entraînements que nous pratiquons dans le groupe RECO. Il se nourrit aussi sans doute pour cela de sa pratique du tennis – en compétition dans son adolescence, en amateur depuis – ou du jujitsu plus récemment. 
 

 

Ce père de trois filles de 4, 5 et 8 ans s’est lancé dans l’aventure entrepreneuriale il y a 8 ans. Après plusieurs années passées au sein de cabinets de conseil en management, Antoine fonde Dolphin Consulting en 2008. Il se sépare de son associé et fonde ICG (cabinet de conseil en management des organisations et des systèmes d’information associés) dont il assume la fonction de gérant. Par ailleurs, Antoine intervient en tant que conseiller de direction sur des projets de transformation organisationnelle.
 

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"Tisser des liens"
 
« Je suis un homme de réseau. » Voilà la première réponse d’Hervé à la traditionnelle question : « Qui est-tu ? » La suite est presque comme une démonstration : tisser des liens dans le temps, par la fidélité à ses amis de tous les âges de sa vie ; tisser des liens entre les mondes par la capacité d’Hervé à s’entendre aussi bien avec l’homme du terrain qu’avec le dirigeant ; 
 
isser des liens encore au travers de la géographie avec son goût du voyage. Autant de points reliés qui font de la vie d’Hervé une véritable tapisserie. Avec, peut-être, quelques regrets d’être partout et nulle part ; d’avoir su concilier des contraires en sachant écouter les uns, écouter les autres, mais pas toujours soi-même. Poussé dans cette équipée par la curiosité, qui lui fait parcourir les paysages.
 
Paysages professionnels en passant par le conseil et l’industrie, les télécoms et le médical, le salariat dans les grandes entreprises et l’entrepreneuriat, paysages naturels en passant par Paris, par la province et par l’étranger. Sans oublier ses liens familiaux avec son épouse depuis 25 ans et leurs quatre enfants. Son goût pour la marche est peut-être l’indice qui le révèle. « Quand, au bout d’une semaine, tout le monde veut rentrer chez lui, j’ai envie de continuer », dit-il. Continuer au bout de la route, marcher encore et encore et laisser des empreintes sur les chemins comme un lien qui traverse le monde. Hervé continue en effet, aujourd’hui consultant, qui sait demain ?

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Un certain sentiment d’anachronisme ; d’être né dans un siècle qui n’est pas le sien. Voilà par quoi Claude démarre notre entretien. Le siècle des Lumières lui aurait sans doute mieux convenu, à cause de l’humanisme. Peut-être aussi un certain esprit encyclopédiste chez ce touche-à-tout qui dit aimer les idées – au point de jouir de leur contemplation – mais aussi l’action, mais aussi l’expérience, mais aussi aider et transmettre. 
 
Touche-à-tout partout pour ce natif de Lyon qui a vécu en Suède, à Nice, aux Etats-Unis, à Paris bien sûr, au Maroc, en Ardèche… Il a été coureur d’Enduro – 4 fois la mythique course du Touquet – marathonien, davantage porté maintenant sur la ballade en montagne, 4 enfants et 5 langues parlées, comme autant de découvertes inattendues chez cet homme à la fois présent, drôle et discret. Il dit s’intéresser à la « chose commerciale », pour laquelle il œuvre depuis 7 ans en indépendant. Gageons que c’est surtout un prétexte pour s’intéresser à autrui, au point aujourd’hui d’envisager des études dans le champ de la psychologie. Diderot n’est pas mort, Claude Bardy vit encore.
 

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"Âme de bâtisseur"
 
Construire – ou restaurer – des maisons ; construire des systèmes d’information dans son métier ; construire même les appareils avec lesquels il écoute la musique. Michel a l’âme d’un bâtisseur, avec la curiosité nécessaire à la conduite de tous les corps de métier.
 
Jusqu’à la réfection d’un vitrail ou d’un bronze. Non seulement la curiosité mais aussi ces qualités de chefs d’orchestre : la vue d’ensemble et l’exigence du détail, le sens du rythme pour battre la mesure des projets afin que les choses se fassent à temps. Et un calme qui lui permet d’agir là où les patiences se sont épuisées. J’aime intervenir dans les situations tendues, alors que les gens ont perdu confiance, dit-il. Son calme et sa pudeur lui permettent sans doute de déminer les contextes minés.

Il dit aussi qu’il aime faire avec les gens plutôt qu’être directif ; que la complexité ne l’effraie pas mais qu’au contraire, il aime quand il y a beaucoup de composants. Il ajoute que ses qualités qui lui permettent ses accomplissements sont l’écoute, son sens du factuel et qu’il aime d’abord remettre les choses en route. Il n’aime guère parler de lui ; sans doute, pour le connaître vraiment, faudrait-il l’accompagner à un concert de musique symphonique, les grands ensembles, dit-il, étant ce qui suscite le plus son émotion.

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Toujours là où on ne l’attend pas, et pourtant fidèle ; une grande indépendance intellectuelle, et pourtant une envie de partage et de collaboration avec les autres ; un imaginaire très développé, en même temps qu’une grande sensibilité à l’humeur autour de lui.

Jean-Christophe Vève n’en est pas à un paradoxe près, et peut-être est-ce là ce qui pourrait le caractériser : sa capacité à marier les contraires. Jusque dans son métier où il développe (et même multiplie) la marge des entreprises, objectif bien enraciné dans le réel, en observant la nébuleuse et la complexité des processus de l’entreprise. « Think global, act local », ai-je songé en l’écoutant, tant il incarne plus que n’importe qui ce slogan. Globale donc, son approche de l’entreprise, locale, son action au sein de celle-ci. Mais aussi global son goût des voyages à travers le monde, local son objectif et plaisir d’entrer chez l’habitant ; global cet amoureux de la rêverie métaphysique, locale sa généreuse amitié, son empathie immédiate. Un homme de chemins de traverse, qui pense autrement, trouve des voies ailleurs, innove, imagine, invente ; et aussi un homme sur qui on peut compter. Un homme qui n’est jamais là où on l’attend et qui, pourtant, ne se fait pas attendre quand on a besoin de lui.

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"Une vie sur une catapulte..."
 
Surfer sur la vague de la transformation numérique ; non par opportunisme ou parce que c’est à la mode mais pour le défi sportif. Car Philippe aime les défis, dans le sport en particulier, dans la vie en général, ce qui éclaire sa vocation d’entrepreneur.
 
Celle-ci, doublée d’une grande créativité, le conduit à innover. Innover en contribuant à l’ouvrage 100 idées pour une France numérique, innover en créant une plateforme – ExpertPeople – pour fédérer un réseau de consultants indépendants dotés d’une haute expertise, afin de faciliter la transformation numérique des entreprises. Les idées, pourtant, ne lui suffisent pas, Philippe aime les mettre en action – je suis un créactif, dit-il – afin qu’elles deviennent des réalités concrètes, sans jamais se satisfaire de ses acquis. Ainsi, après avoir décroché le titre de champion de skate-board de Franche-Comté à 16 ans (et la quatrième place au championnat de France), à un âge où beaucoup diminuent leur activité physique, a-t-il démarré voici deux ans le saut sur tremplin en wakeboard et été l’un des premiers cette année en France à expérimenter le foil paddle [1] ; et ainsi aime-t-il les défis entrepreneuriaux. S’il préfère au terme français de transformation numérique, l’expression anglaise digital catapult, c’est sans doute aussi qu’il aime non seulement l’action, mais l’action puissante, comme celle de décoller de la surface de l’eau. Philippe aime faire mais aussi transmettre. Quand il dit de ses trois enfants de 18, 22 et 24 ans qu’ils sont très sportifs, nous savons à n’en pas douter combien, cette passion-là aussi, il l’a mise en action.
 
[1] Le wakeboard est un sport nautique, une sorte de snowboard sur l’eau ; Le foil paddle est une planche montée sur un foil, sorte de quille permettant de décoller sur l’eau.

https://www.linkedin.com/in/philippe-dubouchet/

Ce serait L’Homme qui marche si Giacometti l’avait sculpté, ou l’homme qui questionne. Thierry s’est d’ailleurs nourri de la pratique d’artistes qu’il a côtoyés de près, ainsi que celle d’hommes de pouvoir au cours de sa carrière dans un grand groupe de l’industrie pétrolière où il a occupé d’importantes fonctions. Toute sa pratique est en effet dans le questionnement ; celui sur l’entreprise qui lui permet de la percevoir avec finesse ; celui sur la pratique de son métier aujourd’hui, le conseil en général et le conseil de direction en particulier.
 

 

Sans jamais se croire arrivé au bout de la connaissance, ainsi qu’il nous l’a montré en nous pilotant dans la rédaction du dossier sur le Conseil, paru dans la Revue des ingénieurs en décembre dernier. Une passion, donc, celle de contester ce qui est donné d’avance ; faire entrer l’incertitude dans les acquis, sans quoi rien ne peut vraiment advenir ; puiser jusque dans la peinture, dans la philosophie, de quoi nourrir une pratique qui dépasse largement un simple savoir-faire d’expert. Je dirais un savoir-vivre, qu’il met aujourd’hui au service de son jeune fils de 14 ans et demi Nicolas, ainsi que de notre association dont il est l’un des solides piliers.
 

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Sur son profil LinkedIn, on lit : « Consultant », tout simplement. En français et en arabe. Avançons l’hypothèse qu’en dire plus serait pour Guillaume une entrave à la possibilité de naviguer au gré de ses envies. Ce qu’il a, dit-il, toujours fait. Suivre la pente de ses désirs, pour éviter l’ennui, la répétition, le manque d’intérêt, garder intacte la motivation et la stimulation.
 
Pas de « stratégie » délibérée dans ce comportement qui n’est pas non plus sans exigence. Écouter ses envies ne signifie pas s’en rendre esclave, mais est plutôt une façon de vivre l’existence, avec « philosophie » pourrait-on dire. La philosophie qui, précisément, intéresse Guillaume, sans doute parce que, mieux que d’autres disciplines, elle raconte la complexité du monde qui est la matière même de son métier dans des domaines telles que l’eau, l’énergie, l’environnement. Et comme la complexité n’a pas de limite, alors il est consultant sans la frontière des spécialisations. Consultant sans frontières, qui voyage beaucoup et a toujours voyagé : Europe, Asie, Afrique. Avec un appétit particulier pour le Moyen-Orient où il fait quelques 30% de ses missions et aimerait en faire davantage. Un tropisme qu’il traduit dans les faits en apprenant l’arabe. Et en écrivant dans cette langue le nom de son métier : consultant, tout simplement.

 

 

 

À 65 ans, Claude n’a pas peur d’être franc. D’ailleurs l’honnêteté fait partie du trio de valeurs qu’il revendique, avec la connaissance – au sens de savoir – et le réseau. Il aime dire et il aime les choses qui se disent. D’où son goût sans doute pour les langues, l’anglais qu’il parle depuis son premier passage aux Etats-Unis, l’espagnol depuis quelques années avec ses fréquentes visites professionnelles au Mexique ; d’où, également, son appétit pour la généalogie afin de savoir d’où il vient, au-delà du cercle immédiat d’une famille modeste du Berry. 

Tout a commencé nuitamment, quand le jeune Claude assouvissait sa passion pour l’informatique dans une salle de l’X devant un antique ordinateur IBM. Un professeur le repéra et lui conseilla de faire un master à Stanford. Il gagna là-bas l’apprentissage de la culture américaine et le début d’une carrière dans de grandes entreprises, telles Schlumberger. Voici 7 ans, les circonstances le poussèrent dans une nouvelle carrière de consultant indépendant où il déploie ces valeurs dont nous parlions : honnêteté, connaissance et réseau. Avant peut-être de déménager, avec son mari, depuis Austin Texas où il habite aujourd’hui, pour retourner vers le rêve californien à San Francisco.
 

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Faire l’interview de Dominique, c’est comme embarquer pour un voyage, embarquer sur un bateau et naviguer entre des personnages. À la question « Qui es-tu ? », il répond qu’il n’en sait rien. Peut-être parce que le temps d’y réfléchir, il est déjà ailleurs, tout en mouvement, vers un autre personnage, vers un autre rivage.
 
Il y a une urgence, dans la voix d’abord, qui déroule vite, vite, un discours qui se trame au fur et à mesure, comme une navette qui court sur le métier à tisser. Le métier, son terrain de prédilection, fait à la fois, ainsi qu’il le nomme, de mystère et de ministère, un geste en train de se faire qu’on ne saurait expliquer sans le dénaturer, sans cesse changeant, sans cesse se cherchant. Avec cette urgence, peut-être, que le temps va manquer pour constituer le chef d’œuvre. Lequel, Dominique n’en sait rien, évidemment, à moins que ce ne soit simplement vivre et apprendre à vivre du début à la fin, une vie comme un chef d’œuvre. « Une lente initiation qui ne mène nulle part », dit-il, usant d’une de ces formules qui vous laisse un peu pantois, un peu arrêté tandis que lui continue sa route, avec une tranquillité pressée, grand voyageur qui court les routes du monde accompagné de sa femme, dans la vie et au travail, avec qui il a eu deux filles. J’aime bien avoir des filles, dit-il et sans doute aurait-il bien aimé avoir des garçons. On sent que ce grand gaillard aime la vie, tout simplement et que, conclut-il, aller bien lui va bien.

 

 

 

« Pour que mes clients trouvent du plaisir au geste commercial », voilà comment Bruno Delezenne résume son activité et pourquoi il a appelé son entreprise : FridayLink. Pour que chaque jour soit dans la joie du vendredi et non dans la peine du lundi. Lui-même, à 57 ans, trouve son plaisir à être utile et à servir des entrepreneurs. Par le coaching, la formation et le conseil afin que ses clients changent leur regard sur la vente, qui est si souvent l’objet de préjugés. Il en retire du lien et, là encore, du plaisir dans la relation, ce qui prend un relief tout particulier dans l’activité de consultant. Cet amateur de chant est donc celui qui aide ses clients à jouer leur propre partition, dans le domaine spécifique de la vente, la vente qui s’apprend, ainsi qu’il l’a fait lui-même, ayant consacré toute sa carrière au commercial, tout ingénieur des Mines de Paris qu’il était. Vaste entreprise, bien qu’il se considère davantage comme un artisan que comme un entrepreneur. Vaste ambition également pour cet homme tout d’humilité.

L’occasion de le découvrir se présente avec sa toute prochaine formation le 15 septembre, « En scène pour se vendre en entreprise »

 

Bruno Delezenne 

Le goût de la liberté : voilà ce qu’on pourrait dire s’il fallait résumer Christophe en une seule expression. Un cabinet d’outplacement, à son départ de la Poste, le lui a confirmé : « vous aimez la liberté, le changement, vous aimez réfléchir ». Ce qui est plusieurs façons de dire la même chose : liberté, liberté de mouvement, mouvement de la pensée.
 
« J’aime le changement, même si c’est risqué; la routine est encore plus risquée pour moi », confie Christophe, enfonçant le clou. Il est donc indépendant et consultant généraliste, depuis sept ans ; si épris de liberté qu’il ne saurait se cantonner à un domaine d’expertise et la matière sur laquelle il exerce ses talents est bien sûr le changement, au travers des projets de transformation. Peut-être même qu’au fond, c’est le changement intérieur qu’il vise. Ce qui affleure quand il dit aimer la profondeur, aimer avoir du temps, quand il dit qu’il lui faut des sujets sur lequel il a du temps, des sujets complexes qui lui donnent l’occasion de se « balader » dans toute l’organisation. Une liberté qui lui fait prendre de la distance avec certains travers du siècle ; il n’apprécie guère l’impudeur des réseaux sociaux et ne cède pas à la frénésie de l’époque. Un solitaire qui aime la compagnie des autres, a dit de lui un fin observateur. Ce que les autres lui rendent bien, car il a de l’humour, de la finesse d’esprit, de la bienveillance à revendre.

 

 

 

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